Cinq Villes d’Art et d’Histoire Outre-mer

Saint-Denis Réunion, l’art version cosmopolite

Bouillonnante, « tropicale »… Saint-Denis, capitale de La Réunion depuis 1738, doit être absolument visitée lors d’un séjour dans l’océan Indien. Pour une bonne raison : elle regroupe près du tiers des 130 monuments historiques de l’île ! Le patrimoine dionysien (nom des habitants) se compose de musées, bâtisses coloniales, cases créoles, parcs… Il y a de quoi justifier largement une journée de balade.

Parmi les sites et aspects clefs à découvrir dans cette cité de 150 000 habitants, trois sortent du lot : la Préfecture ; le ; les édifices religieux. La Préfecture (XVIIIe s.) est symbolique de l’évolution de la société réunion Museum d’Histoire Naturelle naise. D’abord magasin colonial et résidence du gouverneur lors du boom des plantations de canne à sucre, elle se dégrade sous l’Empire puis est restaurée avec une façade néo-classique pour asseoir le pouvoir de l’Etat. 

Le Museum évolue de même : il abrite d’abord le conseil colonial puis devient lieu de conservation. Entouré du beau Jardin de l’Etat, il accueille des collections sur la faune et la flore réunionnaises et des ouvrages naturalistes précieux. Quant à la religion, elle suinte partout et révèle l’œcuménisme de Saint-Denis. A voir : la cathédrale ; l’église de la Délivrance ; les temples chinois de la Traversée Heureuse et de la Prospérité Eternelle ; le temple tamoul Kalikampal ; la grande mosquée Noor-e-Islam…

Enfin, ne pas oublier de flâner à la recherche de pépites architecturales : l’Hôtel de Ville au décor Napoléon III ; les villas créoles bourgeoises Carrère et Deramond ; le musée Léon-Dierx (Beaux-Arts, avec des Gauguin, Emile Bernard…) ; la Poste centrale ; le Barachois, front de mer avec ses canons tournés vers l’océan…

 

Saint-Paul Réunion, la ville originelle

Située à l’ouest de l’île, le long de la côte sous le vent, Saint-Paul a été véritablement fondée en 1663, après avoir connu quelques périodes d’occupation humaine. Cette cité de 90 000 habitants n’abrite pas seulement quelques-uns des meilleurs hôtels de l’île, concentrés dans la station balnéaire des Saint-Gilles. Elle est aussi le berceau de son peuplement. 

Choisie à l’époque pour la sécurité de son mouillage, dans la rade la plus étendue de la Réunion, elle protège quelques vestiges émouvants de son passé. A commencer… par son cimetière marin, situé près du centre-ville. Dominant une plage de sable noir, il accueille la tombe de Leconte de Lisle, poète du XIXe s. né à Saint-Paul et dont les restes ont été transférés ici dans les années 1970 depuis le cimetière de Montparnasse, à Paris. Plusieurs anciens pirates des mers reposent aussi en ce lieu, comme le célèbre La Buse.

La ville, prospère entre la fin du XVIIe s. et le début du XVIIIe s., quand les cultures de canne à sucre, de café et de géraniums étaient au firmament, perdit son aura lorsque le chef-lieu de La Réunion fut transféré à Saint-Denis. Au-delà, Saint-Paul conserve de belles reliques, comme l’hôtel Laçay (XIXe s.), la villa Rivière (créole) ou la maison Serveaux (XXe s.).

On ira aussi dans le quartier de Villèle, à Saint-Gilles-les-Hauts, visiter le musée historique de Villèle (ex domaine créole), la chapelle Pointue (néogothique) et la chapelle de la Misère, temple tamoul hôte de fêtes religieuses consacrées  à des déesses. Ne pas oublier enfin de grimper sur la route du Maïdo, afin de découvrir le secteur de Petite France et ses distilleries de géraniums – la tradition perdure toujours.

Saint-Pierre Martinique, la rescapée du volcan

C’est notamment parce qu’elle fut rasée en 1902 par l’éruption de la Montagne Pelée que « Saint-Pierre la martyr » est classée Ville d’Art et d’Histoire. Une cité dotée d’une double mémoire : celle d’avant le 8 mai 1902 ; et celle d’après. Avant, tout allait plutôt bien à Saint-Pierre. Capitale de la Martinique, le « Petit Paris des Antilles », telle qu’on l’a surnommait alors pour sa prospérité tirée des plantations, vivait grand train.

Mais le 8 mai au matin, tout bascule. Le volcan, qui grondait depuis plusieurs jours, explose. Cendres et gaz déferlent sur la ville, tuant des milliers d’habitants… sauf un, protégé par les épais murs du cachot dans lesquels les autorités l’avaient enfermé pour une bagarre. C’est cette mémoire qu’il est donné de voir de nos jours, avec les ruines de la vieille prison, du théâtre (réplique miniature, à l’époque, de celui de Bordeaux), de l’église du Fort (bâtie en 1640), de l’hôpital, du lycée colonial…

Devenue capitale du rhum (voir la distillerie et le château Depaz, un must !) et spot de plongée (avec des bateaux coulés dans la baie lors de l’éruption de 1902), Saint-Pierre livre désormais ses rues pavées bordées de maisons aux façades pastel aux visiteurs. Rénové en 2019, on n’oubliera pas de découvrir le musée volcanologique Frank A. Perret, devenu le Mémorial de la Catastrophe de 1902, ainsi que la cathédrale, reconstruite après 1902 avec des blocs de l’ancien édifice. A Saint-Pierre, décidément, difficile d’échapper au volcan…

Pointe à Pitre Guadeloupe, traditions capitales

Elle a beau être la plus grande ville de Guadeloupe, les touristes ne s’y précipitent pas. Pourtant, même si elle dort le dimanche quand tous les commerces sont fermés, la ville et son port méritent plus qu’un passage. Pointe-à-Pitre est née au XVIIIe s., quasiment à la jonction de Basse-Terre et de Grande-Terre. Cette situation et son port actif l’on vite hissé au rang de capitale économique de l’île.

Autour de son plan en damier, le centre ancien conserve une belle architecture coloniale créole, visible à travers les maisons pontoises résidentielles et commerçantes des rues Jean-Jaurès, Schoelcher, Nozières… Au-delà du marché Saint-Antoine, épicentre gourmand, on découvrira la place de la Victoire et ses bâtiments officiels (sous-préfecture, tribunal de commerce…). Ils annoncent l’architecture du XXème s., symbolisée par le quartier de l’Assainissement et ses édifices en béton.

L’art et l’Histoire à Pointe-à-Pitre, ce sont aussi les traditions culturelles. Impossible de louper le carnaval, en début d’année. Lors des parades des jours Gras, des milliers de personnes s’amusent au rythme des musiques antillaises. Et pour la Fête des Cuisinières, en août, Pointe-à-Pitre fête ses « cordons bleues » autour de l’église Saint-Pierre-et-Paul et d’un défilé en ville.

Reste les « tops » : les musées. Le musée Schœlcher (Musarth) occupe une bâtisse néoclassique du 19ème s. et présente des collections issues des dons effectués par Victor Schœlcher, après qu’il ait obtenu l’abolition de l’esclavage. « Maison des Illustres », le musée St-John-Perse retrace la vie du poète, écrivain et homme politique français, prix Nobel de littérature en 1960, né à Pointe-à-Pitre en 1887. Quant au Mémorial ACTe, il est incontournable. Ce « centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage » plonge le visiteur dans la tragédie de ce « commerce », sous un édifice contemporain dressé au bord de l’océan.

Basse-Terre Guadeloupe, mémoire de l’île

Plus tranquille que Pointe-à-Pitre, la capitale administrative et patrimoniale de la Guadeloupe est aussi une des portes d’entrée du Parc nationl avers la Soufrière, « l’autre » grand volcan des Antilles françaises. Posée au sud-ouest de l’île, sur la mer des Caraïbes, la cité rappelle par ses maisons de pierre noire qu’elle doit tout ou presque au volcan.

Elle lui doit sa prospérité agricole, notamment grâce à la fertilité de ses hautes et basses terres volcaniques accueillant toutes sortes d’arbres fruitiers et de plantations tropicales. Fondée en 1650 près du fort Saint-Charles, rebaptisé depuis fort Louis Delgrès, Basse-Terre reçoit à la même époque des religieux qui s’installent et développent les quartiers de Saint-François et du Carmel.

Le siècle suivant est prospère : l’industrie sucrière et son parallèle tragique, l’esclavagisme, permettent l’essor de la cité. Mais, assiégée par les Anglais et victime de la concurrence de Pointe-à-Pitre, la ville s’assoupit aux XIXe s. et XXe s. Cette « belle indolente » reste toutefois une ville administrative majeure.

De nos jours, on la parcourt avec nostalgie, en allant découvrir le fort Delgrès (haut-lieu de l’histoire de l’île), le riche patrimoine religieux et militaire du quartier du Carmel, la cathédrale et les hôtels particuliers du quartier de Saint-François, les maisons créoles et les bâtiments Ali Tur, la tour du Sacré-Cœur, la chapelle de Sainte-Thérèse, l’ancienne maison Buffon... Une belle escapade culturelle, assurément.

Dernière mise à jour : 25/01/2023

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