Caraïbes, des îles derrière « St-Barth »

Depuis St-Barthélemy, une poignée d’îles tropicales sont accessibles facilement en excursion en bateau à la journée. Terres françaises, néerlandaises ou indépendantes, elles promettent un dépaysement exotique supplémentaire. Cap sur les îles Chevreau, Fourchue, Saba, Saint-Eustache et Saint-Kitts-et-Nevis.

Et d’abord une question : comment y aller ? Depuis Saint-Barthélemy, plusieurs prestataires nautiques de Gustavia, la capitale, assurent des sorties privatisées en voiliers, en catamarans ou en bateaux à moteur vers les iles néerlandaises de Saba, Saint-Eustache et l’archipel indépendant de St-Kitts-et-Nevis. L’idéal est de partir à plusieurs et d’affréter un équipage, pour une grande journée de mer et d’aventure.

Par des conditions parfaites, avec des vents portants, il faut 4 à 5h à 6-7 nœuds pour rejoindre Saba, 3h30 à 4h à 7-8 nœuds pour Saint-Eustache et 5 à 7h à 7-9 nœuds pour rallier Saint-Kitts-et-Nevis. Il est bien évident que ces temps de parcours sont raccourcis si l’on part avec un bateau à moteur.
Il faut aussi tenir compte des formalités d’entrée, si l’on doit débarquer. Pour Saba et Saint-Eustache, îles néerlandaises, ainsi que pour Saint-Kitts-et-Nevis, il est nécessaire d’avoir un passeport valide. Les conditions d’arrivée et de débarquement sont gérées par les prestataires nautiques, qui connaissent parfaitement les réglementations locales.

Mais avant d’excursionner à l’étranger, découvrons les deux îlots majeurs qui entourent St-Barth : l’île Chevreau et l’île Fourchue.

L'île Chevreau, rochers nus et snorkeling

Quelques encablures au large de la côte nord-ouest de Saint-Barth’, voici donc l'île Chevreau. Les locaux l’appellent l’île Bonhomme. Ses 62 ha de rochers sauvages inhabités, égayés de quelques arbres, se voient facilement depuis le village des Flamands et de la Pointe du Colombier, plantés dans les eaux turquoise de la mer des Caraïbes.

Seconde île satellite de Saint-Barth’ par la taille après l’île Fourchue, l’île Chevreau incarne une nature préservée et la protection de la biodiversité marine. Intégrée à la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy, qui comprend l’île Frégate voisine, elle est un motif d’excursion nautique facile pour la navigation de plaisance et la plongée.

Depuis Saint-Barth, plusieurs prestataires organisent des sorties pour pratiquer le snorkeling près de ses côtes. Les fonds marins abritent de nombreux poissons tropicaux et des tortues marines. On ne débarque pas sur l’île – c’est interdit – afin de protéger la nidification des oiseaux mais la plongée dans les eaux libres environnantes, autorisée, promet une journée magnifique de détente et de découverte.

L’île Fourchue, escale nature

Située au nord-ouest de la Pointe du Colombier, cette île fait aussi partie de la Réserve Naturelle de Saint-Barthélemy. Son paysage « lunaire » et sa baie tranquille au sud-ouest, où les bateaux de plaisance peuvent relâcher, l’identifient entre toutes.

A pied, un sentier pédestre grimpe sur ses hauteurs et dévoile une vue de rêve sur le paysage environnant : au sud-est, Saint-Barth’ : au nord-ouest, Saint-Martin et la Roche Table, refuge pour les oiseaux de mer ; plein est, l’île Pelé, avec son étonnant rocher de la Sorcière.

Les amateurs d’observation animale seront aussi comblés. Comme à l’île Chevreau, les fonds marins de l’île Fourchue regorgent de bancs de poissons, dans des eaux le plus souvent translucides. En plongée sous-marine ou avec masque, tuba et palmes, c’est la promesse d’une découverte passionnante d’espèces majeures ou multicolores (mérous, barracudas…), de tortues marines et de coraux (gorgones, éponges géantes…), dans une mer parfaitement claire.

Le site fait partie des Top 5 de la plongée à St-Barth’ , avec de magnifiques tombants. L’île Fourchue est par ailleurs une escale de croisière proposée par Exotismes. L’itinéraire « Saint-Barth Dream Premium 8 jours/7 nuits » en catamaran, de Saint-Martin à Anguilla, fait escale sur cet îlot les jours 2 et 3, avec dîner et nuit à bord dans la baie protégée.

Saba, l’ile Reine

Dans la série des « paradis perdus », demandez Saba ! Placée à environ 30 miles nautiques (55 km) au sud-ouest de Saint Barth », l’île néerlandaise n’a pas volé ce titre d’île Reine puisqu’elle est officiellement surnommée « la Reine Immaculée »! Plus petit territoire néerlandais des Antilles, elle abrite par contraste le plus haut sommet des Pays-Bas (875 m d’altitude au mont Scenary). Montagneuse et volcanique, elle est protégée par des falaises et ne recèle aucune plage digne de ce nom.

Venir à Saba, c’est mettre le pied sur une île encore intègre. Plantée d’arbres tropicaux moussus, elle abrite une réserve forestière, la Elfin Forest Reserve. Côté mer, elle compte au sud-ouest un récif corallien de près de 5 km de long. Au XIXe s., l’image de Saba s’est construite autour de la dentelle, une tradition qui perdure.

Considérée d’un point de vue administratif comme une municipalité spéciale des Pays-Bas, Saba, dont le chef-lieu se nomme The Bottom, compte à peine 1 500 habitants. On y parle néerlandais et anglais. D’un point de vue touristique, cette île volcanique est paisible, non pervertie par une fréquentation massive internationale. Hormis The Bottom, trois autres villages maillent un territoire qui vit encore de la pêche et… de son université de médecine, qui accueille des étudiants du continent américain. On peut s’y adonner à la randonnée dans la forêt tropicale, grimper au sommet du mont Scenary ou plonger dans des eaux poissonneuses très riches. Une excursion hors du temps.

Saint-Eustache, un village caraïbe

Située à près de 50 km au sud des côtes de Saint-Barthélemy, Sint Eustatius (en néerlandais) est, comme Saba, une île-commune directement rattachée aux Pays-Bas. On y trouve tous les symboles des tropiques restées authentiques : des eaux chaudes et transparentes, des sites de plongée splendides, des récifs coralliens, un accueil convivial et débonnaire et un tourisme à visage humain. La canne à sucre occupa une place importante au XVIIIe s. sur cette île d’origine volcanique qui recense environ 3 000 habitants.

D’un point de géographique, Saint-Eustache est encadrée par le volcan Quill (600 m d’altitude), au sud-est, intégré au Boven National Park, et par trois collines, au nord-ouest. Entre les deux se déploient les activités et la population, dont une partie est rassemblée dans Oranjestad, la capitale, hôte de jolies demeures datant du XVIIIe s. La petite cité est dominée par le fort Orange, édifié au XVIIe s. en pierres volcaniques.

Pour les plaisanciers débarquant sur l’île, plusieurs points d’attraction valent la visite. Témoins de la richesse coloniale, on ira voir le musée de la Fondation historique de Saint-Eustache, les vestiges de la synagogue Honen Dalim (exemple d’une des premières communautés juives d’Amérique) et la Government House. Autres sites d’intérêt : les jardins botaniques et le fort de Windt, accroché à une falaise.

Saint-Kitts-et-Nevis, jumelles indépendantes

Ne dites plus Saint-Christophe-et-Nièves mais bien Saint-Kitts-et-Nevis, nom officiel choisi par cet archipel composé de deux iles, Saint-Kitts et Nevis, séparées par un chenal d’environ 3 km. Alors que nombre d’îles caraïbes sont encore rattachées à leur pays colonisateur, Saint-Kitts-et-Nevis est un état indépendant depuis 1983 , situé à près de 100 km au sud-est de Saint-Barth’. Ancienne colonie britannique, il est toujours rattaché au Commonwealth et on y parle anglais.

Très peu connues par les Français (mais pas des Anglais et des Américains, la clientèle majoritaire), Saint-Kitts (36 000 habitants) et Nevis (11 000 habitants) sont montagneuses et volcaniques, couvertes de forêts propices à des randonnées. En venant en bateau depuis Saint-Barth, il sera difficile de tout visiter et il faudra sans doute se contenter d’ une escale à Basseterre, la capitale , pour mettre le pied sur l’île. On y trouvera de belles bâtisses issues de la période coloniale, un musée d’histoire et de la culture et quantité de boutiques pour le shopping.

Pour ceux qui auraient le temps de mouiller au large et de passer deux jours ou plus sur place, on recommandera à St-Kitts la visite de la forteresse de Brimstone Hill, classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO , une randonnée au sommet du Mount Liamuiga (volcan éteint, point culminant de l’île à 1 150 m d’altitude), une plongée à la rencontre des nombreuses épaves sous-marines et l’emprunt du St Kitts Scenic Railway, un petit train touristique qui fait le tour de l’ile en 4 heures. Quant à Nevis, on appréciera le village de Charlestown et son fort, la plage de Pinneys Beach et l’ascension du Nevis Peak, à près de 1 000 m d’altitude.

Dernière mise à jour : 20/07/2026

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